22 Juillet - Attaque de Nzilo




Arrivée et mise en place

Nous arrivons vers 6h30. On tiraille déjà de partout. Des éléments des Cyclistes s'étaient déjà infiltrés dans le camp vers 5h30. Mais un quart d'heure plus tard, les rebelles ayant éventé la souricière, s'arment et prennent position.

Les premiers coup de feu, venant des mutins, seront tirés vers 6h15 après un dernier essai de palabre.Un soldat du peloton Libération sera directement tué et un autre blessé.

Plan d'attaque



Cela n'était pas simple, les mutins avaient eu une semaine pour se préparer et avaient aménagés des positions de tir.

Ce qui compliquait encore les choses, c'est que les militaires du camp vivaient dans de petites maisonnettes avec femmes, enfants, basse-cour....

 











Il fallait donc éviter dans la mesure du possible des victimes innocentes.

Un groupe tente de mettre en batterie un canon Bofors 40mm; aussitôt ils sont pris sous le feu de la Cie du 1Cycliste, on retrouvera 6 morts à proximité.

Pendant la mise en place de l'escadron, le cavalier (soldat pour l'infanterie) Vermersch est blessé à l'oeil par une branche et est soigné sur place.
Un blindé M8 Greyhound du 2° escadron Recce de Jadotville nous appuie de son tir depuis l'entrée du camp.Le Greyhound a été introduit dans l'armé américaine en 1943. Il servit jusque la fin de la sécession en 1963 puis encore par après dans l'armée nationale congolaise des années 1965. Composé d'un équipage de quatre hommes, il était armé d'un canon 37mm, d'une coaxiale .30 et d'une mitrailleuse de tourelle .50. D'un poids de 7,7 tonnes, muni d'un moteur Hercules 110 chevaux, il pouvait atteindre 88km/h sur route(Moteur d'origine bien sûr car bien souvent ils avaient été remplacés). D'une autonomie de 560 km, il pouvait gravir des pentes de 60°.




Un sergent et deux soldats du Lib avaient été fait prisonniers.
Paradoxalement, nous attaquerons en béret, insigne vers l'arrière. Deux explications ont été émises à ce sujet 40 ans après:

1 Attaque en béret par bravade
2 Pour faire croire aux mutins qu'ils étaient attaqués par les paras (qu'ils redoutaient). La couleur n'y était pas pourtant.
Personnellement, connaissant la rigueur militaire, je pencherais pour la 2e solution.
Une dernière tentative de convaincre les rebelles pour qu'ils laissent aller au moins les femmes et les enfants n'eu pas de succès. Il fut décidé vers 6h20 de demander un appui aérien pour 7h.






Quatre avions Harvard feront deux passages, tirant d'abord à la mitrailleuse puis aux rockets. Il leur sera demandé de se retirer en pensant aux familles.Si les noirs furent impressionnés par cette attaque, le résultat escompté n'était pas atteint car ils se terrèrent encore plus.


Une roquette est passée par là


A 7h20, un peloton du 1 Cy se lança à l'assaut des bâtiments à l'entrée du camp. Le soldat Alliet fut tué d'une rafale d'arme automatique.
Les cyclistes s'étant positionnés, les Guides et le Lib sont lancés pour le nettoyage.





Ici au fusil mitrailleur le brigadier Urbain qui sera tué d'une flèche empoisonnée début janvier 1961 près d'Albertville









Les maisons seront nettoyées l'une après l'autre.








Nous devions donc nettoyer tout le camp et progresser jusqu'au lac. Le Lt Le Grelle échappera à la mort de peu, son chapeau et son smocks étant percés. Malheureusement, la chance ne l'accompagnera pas jusqu'au bout, il sera tué à E'Ville en septembre 1961 lors des affrontements avec les troupes de l'ONU.

La mission qui nous était désignée n'était pas particulièrement facile; les mutins s'étaient retranchés dans les maisons avec leur famille et tiraient par les fenêtres ou à travers les portes. Il fallait faire preuve de la plus grande prudence.


Passé le camp, il fallait progresser dans la brousse pour nettoyer jusqu'au lac. Des dizaines de mutins s'y sont retranchés. Nous aurons notre seul blessé, le cavalier Michiels touché de trois balles à la cuisse. Notre action, durera une bonne heure.
M Van de Putte reporter/cameraman de la Foxmovietone suivit toute notre progression de très près. Sa photo sera visible un peu plus loin.

(A son sujet, nous recherchons toujours sa trace. Toute indication peut être adressée au responsable du site)

Les mutins étaient plus de 250, bien armés et déterminés.Nous revisiterons toutes les maisons en faisant le chemin inverse afin de s'assurer que nous n'en avons pas oublié.
L'opération qui avait duré au total deux grosses heures se soldait par 2 morts et 5 blessés du côté des forces belges et de 16 morts et 8 blessés du côté mutin. Les prisonniers sont d'abord gardés par les cyclistes et le libération qui les récupéraient au fil de notre avancée.
















Puis, les fantassins repartent vers Kolwezi et la garde du camp, des prisonniers et du barrage nous est confiée.

VIE A N'ZILO