N'ZILO  I



Préliminaires

Trois unités, 1Cycliste, Libération et 1 Guides ont participé à cette attaque. Ce n'est que beaucoup d'années plus tard que beaucoup d'entre nous ont appris que des écrits, peu nombreux quand même, existaient sur le sujet.

Chacun à évidemment sa façon de voir les choses et de se raconter.D'autre part, l'oubli, le manque de concertation et les explications qu'on ne nous a jamais demandées font que les versions diffèrent.

Après plusieurs mois d'effort, de recherches de témoins et de documents d'époque,de recoupage des souvenirs de chacun, nous avons tenu à mettre "notre" histoire par écrit. Elle n'est sans doute pas parfaite non plus et ceux qui pourraient nous apporter des rectifications fiables sont les bienvenus.

Raisons de l'attaque de N'Zilo
-Tshombe craint que les avions russes n'amènent au Katanga les soldats de Lumumba pour mettre fin à la sécession et donc, il faut récupérer les canons anti-aériens Bofors qui se trouvent à N'Zilo I .

- La garnison de N'Zilo I est considérée comme favorable au gouvernement de Léopoldville et donc dangereuse. Danger supplémentaire, le camp est situé sur la piste qui conduit à l'important barrage Delcommune. Une action des mutins sur celui-ci paralyserait une bonne partie du Katanga.
Il faut savoir que ces garnisons étaient majoritairement composées d'ethnies issues d'autres provinces.

- La population européenne de Kolwezi(à environ 30 km) craint également que ces troupes se mutinent et envahissent la ville.
- Un peu partout au Katanga, on a procédé au désarmement et à la démobilisation des éléments extérieurs.

C'est donc le refus de céder leur armement lourd, avec tous les dangers que cela pouvait engendrer qui décide l'Etat-Major à prendre Nzilo par la force. On parle alors de mutins.Le Cdt Tackoen, commandant de la Cie de Gendarmerie de Kolwezi tentera quatre jours durant de les ramener à la raison. L'aumônier Pierre Adam tentera encore une dernière médiation mais sans succès.

Jour J-1
Le 21 juillet, placé sous préavis réduit, l'escadron ne participe pas aux cérémonies officielles à E'Ville et se contente d'une courte prise d'arme à La Kasapa.

C'est dans l'après-midi que nous parvient l'ordre de mouvement.L'escadron doit se préparer pour une mission qui doit être de courte durée et qui doit encore rester secrète! Trois cent cinquante kilomètres, nous n'aurons pas la chance comme le Libération d'être transporté par avion.

Point de carte! De toute façon, c'est tout droit dira le commandement. Le trajet se fera de nuit. E'Ville-Jadotville(environ 125 km), route goudronnée. Après, la piste.

Le Capitaine Baudot est parti avec un officier Force Publique, le Cdt Verhaegen, pour prendre contact à Kolwezi et transmettre les derniers ordres verbaux.

La colonne, sera guidée par un autre officier FP, le Lt Paelinck. Celui-ci, passant par des chemins de piste genre tôle ondulée, voudra contourner Jadotville afin que le mouvement reste discret et que le Tam Tam ne fonctionne pas.

Question de colonne, outre les véhicules récupérés à la FP comme les jeep et les camions, il y avait aussi les camions bennes de l'UMHK (qui transportaient aussi les hommes) et d'autres camions canibalisés.Cela allait nous valoir des émotions et une fameuse prise de retard sur le timing. La jeep du Lt Trockay se retourne, un camion va au fossé. Il faut dire que de nuit, avec la poussière soulevée sur la piste, il y avait de quoi ne plus voir clair.
Pour la petite anecdote, le chauffeur d'un des camions benne, pas habitué à ce genre de véhicule, se trompe de levier et manoeuvre le basculement. Heureusement le réflexe rapide permit que les hommes ne se retrouvent à terre.
De nombreuses pannes seront aussi dénombrées mais sans outils de dépannage, il fallait abandonner le véhicule et répartir le tout dans les autres.Le retard pris était important. L'attaque( mais la troupe ne savait toujours pas où elle allait) avait été fixée à une heure bien définie tenant compte d'une moyenne horaire théorique. De par le retard des Guides et voulant respecter l'horaire, il fallait donc passer à un des autres plans qui avaient été échafaudés.
Le plan 1 prévoyait une prise en silence et par surprise dans le sommeil. Mais du fait des négociations, il est abandonné.
Le plan 2 se basait sur notre arrivée pour 3h, il fallait passer au plan 3.
Nous sommes don à l'aube du 22 juillet.

SUITE  22  JUILLET