LA  GRANDE  GUERRE.

  Le combat de HAELEN:

              Le 10 août, les Allemands savent qu’en possédant le village de Haelen, la ville de Diest ferait une place forte qui couperait la ligne de défense de la Gette et donnerait l’accès vers Anvers plus aisée . Pour cela, ils déplacent 4.000 cavaliers, 2.000 chasseurs à pied et 18 canons de la 2ème, 4ème et 6ème divisions de cavaleries du corps Von der Marwitz. Le Général de Witte qui avait eu la prescience du péril et qui avait laissé la surveillance des points de passage du secteur Nord de la Gette, à quelques escadrons de sa cavalerie, a rapidement déployé en éventail à l’Ouest de Haelen, toute la force vive de sa Division. 450 carabiniers cyclistes, 3 batteries à cheval et 2.400 cavaliers : les 1er et 2ème Guides et le 4ème Lanciers.

               Le 12 août, le général de Witte remet  au nom du Roi, un étendard au 5ème régiment de Lanciers , le jour même, les points de passage sont gardés comme suit : les pontonniers-cyclistes à Diest, deux pelotons  de carabiniers-cyclistes et un escadron du 4ème Lanciers à Zelck , les ponts de Haelen sont minés et défendus par 6 pelotons  de cyclistes ( les diables noirs), un escadron du 1er Guides occupent le passage de Geet - Betz , un deuxième escadron du 2ème Guides le passage de Budingen. Les groupes de batteries à cheval prirent position au sud-est de Hontsum ( le 1er en position), les 2ème et 3ème en attente. Les escadrons restants furent déployés au château de Blekkom, et se préparent pour un combat à pied. Dès l’attaque allemande, deux escadrons et demi du 4ème Lanciers et le tout nouveau 5ème Lanciers prennent position à Hontsum, les trois escadrons du 1er Guides et deux du 2ème Guides dans le secteur qui s’étend vers la Velpe.  Avec une furie extrême, les Allemands prennent le pont de Haelen , les cavaliers Cuirassiers, Uhlans et Dragons dépassent le pont par petits groupes, l’infanterie suit, nos soldats concentrent leurs tirs sur Haelen, les tirs sont d’une violences telle, qu’à chaque charge de l’ennemi , celle-ci est stoppée net. Ce qui provoque une retraite précipitée des allemands. Ceux-ci  repassent le pont pour se réorganiser, mais à chaque passage de celui-ci, nos « diables noirs » les arrosent d’un feu nourri. De 8 heures du matin à 18 heures , pas moins de huit charges de cavalerie ont étés effectuées pour prendre Haelen. De notre côté, des renforts sont envoyés pour pouvoir gagner le combat de Haelen.

                  ( 1.100 morts coté Belges - 3.000 morts coté Allemands.).                        

  Résumé du combat de HAELEN. Page 44, 45, 46 de *( L’Epopée Belge dans la Grande Guerre. (Editeur Aristide Quillet . Paris 1923.).

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Le combat de BURKEL:

 

               Le 19 octobre 1918, la division de cavalerie opérait dans les environs d’Oedelem, à 7 kilomètres au - sud est de Bruges. Comme durant la guerre de tranchées, nos cavaliers combattaient à pied ; pourtant,  l’espace était libre, les chevaux suivaient à courte distance... Qu’il eût fait bon de charger ! 

               Le jour était à son déclin, nos tirailleurs avaient repoussé les arrière-gardes allemandes qui s’installèrent dans le petit bois de Kattine et, semblaient décidé à défendre cette position. Plusieurs lignes de mitrailleuses étaient en action et forçaient nos hommes à se terrer. A 16h30, le Major  Van Strydonck, commandant le 2ème groupe du 1er Guides reçoit un ordre de l’Etat-Major «  Franchir par un coup de force à cheval les lignes de mitrailleuses à hauteur de Burkel, se rabattre et prendre l’ennemi à revers, deux auto-mitrailleuses précéderont la colonne. ».

               Le rêve de tout cavalier :  la charge ! allait - il se réaliser ? L' ordre est précis, il se répand, un murmure l'accompagne. Les hommes s’agitent , les yeux resplendissent de joie, déjà les mains se crispent sur la garde des sabres à larges coquilles d'acier.

               Parmi eux un jeune adjudant, au visage plein de douceur. Il va, vient, inspecte ses hommes ,caresse son cheval, regarde la route sur laquelle il va bientôt bondir. La charge ! le plein galop, sabre au clair ! Toutes les aspirations de son ardeur juvénile vont se réaliser...

               Mais le temps presse, déjà les brumes du soir estompent les lointains.Un bruit de moteur, toutes carapaçonnées d'acier, les deux auto-mitrailleuses , longent la colonne. Devant Kattine, la fusillade fait rage. Nos lignes de tirailleurs attirent l’attention de l’ennemi, Que les batteries d' accompagnement arrosent d' obus.

               Bride abattue, un cavalier accourt : Mon major c'est l'heure.  Le capitaine commandant F. de Meeus, adjudant-Major du 1er Guides, apportait l'ordre d'attaque.

               Le Major Van  Strydonck se dresse sur ses étriers et d’un geste large tire son sabre, un bruit de ferrailles passe en l’air, strié de blanches étincelles. Puis serrant les mains du commandant : « Au revoir, Meeus » Pour un cavalier, pour un Meeus,  la tentation est trop forte, «  Mon Major, je me permets de revendiquer l’insigne honneur de charger à vos côtés. ».

       Soit...

               Automatiquement, sabre au poing, visage grave, menaçante, la masse s'ébranle et s’enfonce au pas dans la grisaille du soir. Dans les intervalles de la fusillade, on  perçoit le souffle ardent des chevaux qui, l'oreilles dressées, les narines ouvertes sentent eux aussi l’approche de la bataille.  Le jeune adjudant, caressant l'encolure de son cheval, est en tête de la colonne. Sa douce figure s’est contractée, sa bouche se plisse en un sourire hautain, ses yeux sont rivés sur l’horizon....vers l’ennemi.....vers la bataille.

                L’espace couvert est franchi, la colonne prend le trot. Au frappement alternatif des sabots sur le pavé de la route, se mêlent le froissement des cuirs, le cliquetis des sabres... Un grand souffle farouche plane sur cette marée d'hommes qui s'avance semblable à un bélier de bronze;

               Subitement, dans les brumes mauves du soir, apparaissent les lisières du bois de Kattine. Brusquement le chef  lève son sabre :  «  En avant, mes enfants....pour le Roi ! ». Et dans cette atmosphère de bataille où ricanent les balles et miaulent les obus, une clameur immense s’élève : « Hourra ! Vive le Roi !... ». Comme un ressort bandé qui se détend subitement, la colonne prend  le galop. Une longue file de bras brandissant des sabres s'agite, les cris redoublent, le galop s'allonge, se précipite. C’est la charge avec son frisson d’épopée. La première ligne de mitrailleuses ennemies est dépassée, la course continue vers le deuxième bois qui cache Burkel.

                 Là, les fusiliers-marins allemands de la 4ème compagnie, blêmes de terreur,voient bondir vers eux ce torrent qui mugit....En joue ! ! !. Les deux chefs couchés sur l’encolure de leur coursier, accélèrent encore l’allure. Tout à coup  le bois s’allume d’éclairs rougeoyants, les chevaux de tête s’écroulent ,  le commandant de Meeus, frappé à mort, disparait dans l'affeux tourbillon...

( de MEEUS  comte  Francis. U)

                Le petit adjudant, transfiguré, radieux, d’un bond prit la place du chef tombé. Et le soldat de vingt ans et l'officier à cheveux gris, côte à côte, sabre baissé, vers les Allemands. Une nouvelle décharge crépite des maisons de Burkel, les chevaux se cabrent, piétinent, bondissent au - dessus des fossés...écrasant des corps. L’auto-mitrailleuse est bloquée en travers de la route. " Pied à terre" Les cavaliers lâchant  leur sabre, empoignent leur carabine;  en tirailleurs, sous bois, harcèlent l’ennemi décontenancé  par ce brusque changement de combat.

                 17 heures...le feu cesse... l'Allemand est en fuite.

                 La nuit enveloppe le contour des choses, une buée laiteuse se lève de terre, de-ci  de-là  un coup de feu...un cri...un râle. Les unités reformées dans les bois, procèdent à l’appel :  Adjudant Van der Cruycen ?. Une voix grave répond : « Mort au Champ d’Honneur. ».

                                                                                                                                  M.C.

 

( Texte repris de l’ouvrage , NOS HEROS , publié sous le Haut Patronage des Ministères de la Défense Nationale.

Editeur  E.VAN DER ELST - Bruxelles anno1920 - Troisième partie, page 122 :123.- SOCIETE ANONYME BELGE D’IMPRIMERIE.).

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Résumé de la Charge de Burkel

Le Ier groupe du Régiment, les 1er et 2ème Escadrons, commandé par le Colonel Jooris est arrêté par des tirs de mitrailleuses partant des bois du hameau de Burkel. L'ordre est donné de progresser à pied le long de la route, les mitrailleuses allemandes arrêtent la progression des Guides. Il faut ouvrir une brèche, et  supprimer les mitrailleuses meurtrières.Le Colonel Jooris demande au Général Buffin un feu d'Artillerie sur la lisière du bois et demande le renfort du IIème groupe.

 Les 3ème et 4ème Escadrons, commandés par le Major Van Strydonck, avec l'appui du Ier groupe à pied, de l'Escadron Mitrailleur et de deux autos-mitrailleuses qui précèderont l'avancée sur la route sont mis en renfort. 

Les 3ème et 4ème Escadrons avancent en silence, puis chargent dans les bois de Burkel. Une première ligne est traversée à coup de sabre, une chevauchée de plus de trois kilomètres pour rencontrer la deuxième ligne de mitrailleuses allemandes, mais, les deux autos-mitrailleuses pneus crevés par les balles allemandes sont bloquées sur la route, la chevauchée continue jusqu'au bois, les Guides reçoivent l'ordre de mettre pied à terre et atteignent les nids de mitrailleuses que leurs servants abandonnent ou se rendent.

( Réf : Résumé de Historique du 1er Guides du Lieutenant W. PARMENTIER. )

(La charge de Burkel, fut en Belgique, un fait unique dans l’histoire de la grande Guerre, et montra aux destructeurs des Régiments de Cavalerie , que employée à bon escient , la cavalerie pouvait encore faire très mal.)

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Le combat de MALDEGHEM :

 

Suite à la victoire héroïque de Burkel, une route est ouverte, le deuxième groupe du 2ème Guides commandé par le Colonel Baron du Roy de Blicquy continue l’avancée , pas de repos, à l’orée de la ville, le groupe mit pied à terre, et dans un terrible combat , face à un ennemi déjà installé, reprend Maldeghem de l’occupation allemande.

 

 

 

       Voici d’autres combats ou les guides se sont illustrés :

                              

       Campagne 1914-1918 -

Drie Grachten - Méerendré - passage de la Lys - En couverture du replis de l’Armée Belge vers Anvers - Pervijse - Secteur de Knocke - 

Tranchée de 1914-1917.  

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LE 1er GUIDES à BEVERLOO 1913  

X =  CLOOT  Marcel , Grand-père de HENRARD Michel Guides de 1969.

( PHOTO  COPYRIGHT.)

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